La Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent se distingue avec son modèle ESIP à duo mixte non-interchangeable

BELOEIL – La soirée gala de la 27e édition du colloque de l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) a été marquée par la remise de nombreuses distinctions soulignant l’innovation et l’excellence des services policiers à travers la province.

À cette occasion, la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent s’est démarquée en recevant un prix pour son projet ESIP (Équipe de soutien en intervention psychosociale), mis en oeuvre selon une formule de duo mixte non-interchangeable. Cette reconnaissance prend la forme d’une plaque honorifique remise par le président de l’ADPQ, Thierry Vallières.

Elle souligne la qualité du projet développé par la Régie, son caractère novateur ainsi que les retombées positives qu’il génère auprès de la population desservie. Cette distinction témoigne de l’engagement de la Régie à offrir des interventions adaptées aux besoins des citoyens et à favoriser une approche humaine auprès des personnes vulnérables.

Contexte

Dans un contexte où les services policiers sont appelés à intervenir de plus en plus fréquemment auprès de personnes vivant des problématiques de santé mentale, d’itinérance ou de détresse psychosociale, la Régie de police Richelieu–Saint-Laurent a fait le choix d’une approche novatrice axée sur la continuité et la spécialisation.

Depuis juin 2025, et grâce à son partenariat avec le CISS de la Montérégie-Est qui emploie les travailleurs sociaux, la Régie déploie une version distinctive de son programme ESIP, reposant sur un duo mixte non-interchangeable composé d’une policière dédiée et d’un intervenant psychosocial attitré.

Contrairement à plusieurs modèles existants au Québec, où différents policiers et intervenants se relaient selon les quarts de travail, Richelieu-Saint-Laurent a choisi de miser sur la stabilité des intervenants afin de favoriser le développement d’une expertise approfondie, une meilleure connaissance des situations récurrentes et l’établissement d’un lien de confiance durable avec les personnes vulnérables.

« Nous avons fait le pari que la permanence du duo permettrait d’améliorer la qualité des interventions et la prise en charge des citoyens en situation de crise. Les résultats obtenus démontrent que cette approche porte ses fruits, autant pour les personnes accompagnées que pour nos policiers sur le terrain », souligne le directeur de la Régie, M. Marco Carrier.

Une évolution naturelle d’un service déjà bien établi

La Régie de police Richelieu-Saint-Laurent, en collaboration avec le CISSS de la Montérégie-Est, offre depuis 2021 un service ESIP composé d’une travailleuse sociale qui assure des suivis psychosociaux auprès de personnes vulnérables. Cette ressource intervient notamment dans des situations d’isolement, de détresse psychologique, de vulnérabilité chez les aînés, de proche aidance, de troubles de comportement ou encore de problématiques de type Diogène.

En 2025, lorsqu’elle se voit accorder une subvention dans le cadre du Programme de soutien aux pratiques policières concertées en itinérance et en santé mentale du gouvernement du Québec, la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent franchit une nouvelle étape en créant une équipe dédiée aux interventions de crise de première ligne.Le duo ESIP intervient directement lors de situations impliquant des propos suicidaires, des états mentaux perturbés, des crises familiales, des situations d’itinérance, des épisodes d’intoxication ou encore des interventions de postvention à la suite d’un suicide. Contrairement à plusieurs modèles reposant principalement sur le référencement vers des ressources externes, le duo assure lui-même l’évaluation sur le terrain, l’intervention immédiate, la mise en place de solutions concrètes et le suivi  subséquent auprès de la personne et des partenaires concernés.

Des résultats concrets

Depuis sa mise en service, le modèle a permis d’obtenir des résultats significatifs. En 2025, le duo mixte permanent a répondu à 74 % des appels en santé mentale reçus pendant ses quarts de travail. Au total, la Régie a enregistré 1 194 appels de cette nature au cours de l’année. La tendance se maintient en 2026, alors que 487 appels liés à la santé mentale ont déjà été reçus au 9-1-1 depuis le début de l’année. Parmi les interventions effectuées par ESIP en 2025 :

  • Moins de transports en établissement hospitalier ont été requis sous le régime de la Loi P-38;
  • Dans 74 % des situations prises en charge, les patrouilleurs ont pu être libérés rapidement et redéployés vers d’autres appels prioritaires.

Une expertise qui se construit dans le temps

Au-delà des résultats statistiques, la stabilité du duo favorise le développement d’une mémoire opérationnelle unique. Cette connaissance approfondie des personnes vivant des problématiques récurrentes permet une meilleure anticipation des facteurs de risque, contribue à réduire les interventions répétitives et favorise la prévention des situations de crise.

En combinant un service de suivi psychosocial préventif et une équipe spécialisée en intervention de crise, la Régie couvre aujourd’hui l’ensemble du continuum d’intervention, de la prévention jusqu’à la gestion des situations les plus complexes. Cette approche intégrée confirme la volonté de la Régie d’adapter continuellement ses pratiques aux réalités sociales actuelles et d’offrir aux citoyens des services à la fois humains, efficaces et adaptés à leurs besoins.

 

Photo du haut : Équipe ESIP entourée des responsables de la Régie. De gauche à droite, Marco Carrier, directeur, Jean-Luc- Tremblay, sergent, Nadia Belisle, agente dédiée ESIP, Nathan Harnois, TS ESIP, Mathieu Berger, capitaine.