”Seuls ensemble” avec Serge Fiori : Une soirée toute en émotions !

Pierre-Yves Faucher

SPECTACLE – Depuis quelques années, le mariage des arts circassiens et de la musique québécoise a été concluant avec les hommages du Cirque du Soleil aux mélodies de nos groupes, auteurs et auteurs-compositeurs dans le bel amphithéâtre de Trois-Rivières avec Beau Dommage (Le monde à l’envers) que j’avais vu avec grand plaisir, Robert Charlebois (Tout écartillé), Luc Plamondon (Stone), Les Colocs (Juste une petite nuite) et l’été prochain, ce sera le tour des Cowboys fringants.

Hier soir, au Théâtre Saint-Denis, c’était le tour (bien mérité) de la musique de Serge Fiori en solo, avec Harmonium et Fiori-Séguin d’être mise en mise en valeur avec le Cirque Éloize dans le spectacle ”Seul ensemble”. Serge Fiori nous a honorés de sa présence, lui qui était également présent l’avant-veille à la première représentation.

D’abord, la musique. La nouvelle mouture des chansons originales créée par Louis-Jean Cormier avec la collaboration d’Alex McMahon sous la direction musicale du maestro Fiori est très respectueuse sans s’imposer de façon agressive par des ajouts qui auraient pu être invasifs et « dénaturants ».

Certaines chansons n’ont pas été retouchées radicalement, mais c’est plus clair pour certaines chansons comme « De la chambre au salon », la seule chanson guitare-voix du premier album qui a reçu un traitement énergique côté percussions dans le refrain. On a injecté une bonne dose d’adrénaline à « Viens danser » où toute la troupe sur la scène s’éclate et à « Dixie » où des cuivres donnent à cette chanson une vigueur supplémentaire.

Dans le cas de toutes les chansons du premier album, je crois bien qu’elles auraient ressemblé à cette production si Fiori et sa bande de l’époque avaient eu en 1974 un budget supérieur et plus de temps pour enregistrer (6000 $ et 6 jours pour enregistrer). Avec ces interventions, on ne sentait pas une volonté de mettre les sonorités au goût du jour, elles ont réussi à mettre en valeur du « déjà beau ». L’enchaînement du répertoire est très judicieux, alternant les moments doux, atmosphériques et enlevants.

Dès le début de la première partie, les frissons nous traversent la peau, je ne sais pas pour le reste de l’assistance, mais je peux inclure mes deux filles dans la vingtaine qui ont ressenti la même chose pendant plusieurs chansons. À n’en point douter, l’héritage musical de ces chansons survivra pour des générations à venir.

Le cirque maintenant. Ajouter des performances athlétiques à ces musiques par grands moments atmosphériques n’est pas chose facile. Je ne suis pas un grand fan du cirque, mais j’ai trouvé intéressant la nouvelle approche du Cirque du Soleil et du Cirque Éloize de délaisser les animaux.

Je laisserais tomber les funambules et les jongleurs, mais ce n’est qu’un goût totalement personnel. Ces tableaux incluant ces artistes, il faut bien le dire talentueux, ne sont toutefois pas dominants dans l’ensemble du spectacle. Et il y avait toujours la très belle musique pour créer des ambiances envoûtantes. Les performances athlétiques sont parfois époustouflantes, à la limite tantôt dangereuses, tantôt gracieuses.

Je ne suis pas non plus un grand fan de la danse. Cependant, nous avons assisté à des numéros de danse moderne, de ballet pur et de ballet-jazz très enlevants et très touchants par moments.

Serge Fiori est monté sur la scène au moment du salut des artistes du Cirque Éloize. Je crois bien que je n’étais pas le seul dans la salle à vouloir le revoir dans un avenir pas très lointain cette fois-ci avec une guitare 12 cordes entre ses mains, avec celle-là même, peut-être, qui l’avait tant envoûté la première fois dans un magasin de musique. Serge Fiori n’est assurément pas un musicien parmi tant d’autres.

 

Photographie: Facebook