Noël d’antan. Noël féminin. Noël du “vieux garçon”. Que dire des Noëls commerciaux d’aujourd’hui ?

Paul-Henri Hudon

HISTOIRE – C’est une vieille image, un classique des cartes de Noël, de voir des anges ailés illuminer le jour de la Nativité. Les images d’autrefois abondent de ces poupons bien dodus flottant dans l’éther enveloppés de gui et de sapins.

Et ces anges sont “genrés”, bien oui ! Des charmantes fillettes en jaquettes blanches, allumeuses de bougies. “Trois anges sont venus ce soir t’apporter de bien douces choses… “ et tra la la…Par contre les archanges Michel et Gabriel portent les attributs mâles. Mais peu importe ! Tout ça appartient aux rêveries enfantines, issus de vieux archétypes de l’humanité.

Je m’interroge donc sur l’imagerie traditionnelle du temps des Fêtes. Est-ce que, dans l’imaginaire collectif, Noël ne serait pas plutôt une affaire de filles, alors que le Jour de l’An serait l’apanage des hommes ?

Là où la femme est reine: Étrennes, rubans, boucles, décors, cuisine, l’emballage de cadeaux ne relèvent-ils pas de l’esthétique féminine ?

À travers le voile du temps, la grosse bouffe du Premier de l’An, la bénédiction paternelle, les visites familiales en berlots, la masse de tourtières grasses arrosées de gin, la fumée de cigares de la Havane, les engueulades viriles à motifs politiques ne seraient-elles pas l’auberge des mâles ?

Quoiqu’il en soit, je vous laisse méditer sur le Noël du “vieux garçon, solitaire et chauve, devant les restes de son gigot d’agneau. (Opinion Publique, décembre 1871).

Et sur le salon, où des femmes reçoivent les cadeaux de Noël d’un voyageur du Manitoba, des canards et des poules d’eau. (Opinion Publique, 14 janvier 1875).


Illustration. Archives de la Société d’histoire de Chambly, fonds Charlotte Magaveny, P087P129. Carte datant d’environ 1920.