En 1903. L’accès au barrage hydroélectrique sur le Richelieu n’était pas interdit.

Paul-Henri Hudon

HISTOIRE –  La Royal Electric Company avait terminé la construction du premier barrage hydroélectrique en 1896. Il entre en opération en 1899 et alimente en énergie Montréal. Dès 1901, Chambly jouissait de l’éclairage électrique.

Mais, il se trouve que cette digue subira des avaries en 1902. la presse de Montréal nous apprend que “dimanche, tôt le matin, le 30 novembre 1902, l’eau emporte 200 pieds du barrage électrique de Chambly. On reconstruit aussitôt. 300 hommes sont  affectés aux réparations. Deux villages ont été privés de lumière et d’eau (La Patrie, 1er décembre 1902). Neuf mois plus tard, le barrage de Chambly était rétabli. “Depuis vendredi dernier (25 septembre 1903), une force de 3 000 chevaux est fournie à la Montreal Street Railway par la Montreal Light Heat and Power” (Le Canada, lundi le 28 septembre 1903).

On nous informait de plus que la Montreal Light, Heat and Power Company était occupée à construire d’immenses “usines” (sic) à deux milles plus haut que l’endroit où est survenu l’accident. Plus de 400 hommes travaillent à cette construction (La Presse, 1er décembre 1902). Ce deuxième barrage, dont on voit encore les ruines du côté de la Ville de Richelieu, ne verra jamais le jour. Cette deuxième digue sera emportée par la crue des eaux en 1903. Il s’en suivit un interminable procès et des poursuites pour un somme de 1 300 000 $. (Le Canada, 10 janvier 1905).

Tous ces travaux suscitaient la curiosité des riverains. C’est ainsi que des enfants s’aventuraient aisément sur les estacades. Le journal Le Canada rapporte que le 30 avril 1903, “un jeune garçon, âgé de 14 ans, du nom d’Ernest Vermette, l’aîné d’un brave forgeron de Chambly-Canton a accompli un acte qui lui fait grand honneur, en sauvant d’une mort imminente un garçon de 8 ans, du nom de Conrad Racicot…. Ce dernier, en compagnie d’un bambin du nom de Marien, était sur le barrage de la Royal, en train de lancer des pierres. Conrad Racicot perdit l’équilibre et tomba à l’eau entre des pièces de bois. Marien eut la présence d’esprit de monter la côte et appeler Vermette à venir au secours de son ami. Ce dernier descendit à la course vers le lieu de l’accident et put arriver à temps pour saisir le jeune Racicot, qui, reployé sur lui-même, était à la veille de disparaitre dans le torrent impétueux, qui se trouvait à quelques pas de lui… ” (Le Canada, 1er mai 1903).

Joseph-Napoléon-Conrad Racicot est né à Chambly le 14 mars 1895. Il est le quatrième des cinq enfants d’Adolphe Racicot, journalier, et d’Agnès Davignon.  Il épousera Rita Bouchard. On le dit “maître-boucher” et “commis-expéditeur”dans les années 1925.

 

Illustrations. Archives de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly. Fonds, Émile Caron, no P105 p11 et P105 p03. Sur la photographie en haut de page :  Le barrage vers 1900. Il faut noter la construction en escalier de ce barrage en bois, ancré avec des caissons de pierre.